Ca bosse, ça bosse…

Gros bug depuis l’article de presse de l’Observateur du Douaisis, tout le monde semble n’avoir retenu que c’était un truc de hippies 68ard. Du coup je revois entièrement la communication pour réduire encore plus le côté « collaboratif » pour recentrer sur l’autopromotions (je l’avais déjà bien fait, mais pas assez apparemment). Je travaille sur un nouveau flyer pub avec au dos une page de bande dessinée qui explique ce qu’est l’habitat participatif et ce que ce n’est pas (du moins dans ce projet précis à Lallaing suivant les orientations déjà précise par les futurs habitants). J’en suis au scénario, je fais ce dessin pendant les fêtes de fin d’année pour relancer la com active en janvier et profiter des cérémonies de voeux.
Lors d’une réunion de l’association Eco Habitat Groupé N-PdC la semaine dernière, on a parlé « Cité des Electriciens de Bruay-la-Buissière » et sa belle rénovation – mise en valeur historique. Du coup j’ai fait une simulation s’inspirant de cette cité minière. je vais approfondir et affiner le dessin car ça me plait niveau ambiance visuelle et convivialité. Et ça présente aussi des avantages côté construction écologique / passive, car ça donne plus de linéaire de façade orientée Sud aux logements. En revanche, j’ai un peu moins de surface constructible.
Cité des Electriciens à Bruay-la-Buissière
Je fais aussi des simulations sur mon propre logement. Je n’ai pas un gros budget, donc je vise un 50m². Et j’aimerai bien un local professionnel.

La presse local en parle

Quelques petites approximations (il n’y a pas qu’à Villeneuve d’Ascq qu’on trouve ce type de projet, c’est en tant qu’habitant que je lance le projet ), contresens (les rénovations de corons sont nombreuses et de qualité pour certaines depuis ces dernières années) et oublis (appel à candidature) et surtout ce n’est pas un truc de hippies soixante-huit-ard mais de la simple auto-promotion pour construire des logements classiques,

mais bon c’est déjà bien d’en parler 🙂

Esquisse du projet à Lallaing

Une première étude de faisabilité, réalisée par un architecte, permet d’évaluer les différentes contraintes techniques et financières du site, mais aussi sa capacité, c’est-à-dire le nombre de logement que l’on peut y construire. Elle définie un point de départ pour que la réflexion avec les futurs habitants candidats parte dans le bon sens, mais à ce stade tout peut encore évoluer.

Diagnostic et Parti Architectural proposés par l’architecte Esquisse du projet à Lallaing

Le potager d’un hôtel particulier XIXe

Le projet est situé Rue de la Résistance, tracée sur l’emprise de l’ancien parc du Château Choque démantelé en 1920 et 1933.

Le mur d’enceinte, l’ancien pigeonnier et le portail ne sont pas classés, mais nécessiteront des travaux de mise en sécurité (maçonnerie côté rue) et de restitution (la toiture du pigeonnier a été reconstruite sommairement à la suite d’un incendie).

Le terrain est actuellement occupé par des serres horticoles en ruines. De nombreuses fondations et une terre surexploitée pendant 100 ans nécessiteront de gros travaux de remblaiement.

Une attention est à porter pour conserver l’échelle rurale du cœur de village.  Notamment sur la qualité des façades, en évitant les facilités de la maison de lotissement et du collectif bon marché, et le gabarit des bâtiments en volume.

Un visuel « Rural-Vintage »

Les emprunts à l’architecture rurale sont autant de formes familières auquel l’affectif peut se rattacher pour se sentir chez soi.

Des formes architecturales régionalistes (longère, ferme, corons) sont recyclées pour marier plus en douceur la nouveauté d’un programme à densité bâtie élevée pour un village (équivalent COS 0,50). Brouiller la lisibilité entre habitat collectif et individuel pour une amélioration réciproque.

Réduire la présence de la voiture, en délocalisant le stationnement du garage accolé vers un parking, pour permettre la végétalisation des abords et la création de chemins piétonniers pour circuler à pied en sécurité et offrir divers itinéraires pour flâner. Percées visuelles entre rue et front bâti.

Entre béguinage et corons communautaire

L’idée est de proposer aux habitants de créer une association dont l’objet sera d’aménager et entretenir les espaces extérieurs de la résidence (dont potager, verger et élevage de poules).

En proposant cette activité commune, j’espère faciliter la cohabitation entre voisins et renforcer le sentiment de convivialité.

A ce stade du projet, les extérieurs sont travaillés en éléments esquissés à retravailler par la suite par les habitants, au moyen de techniques de type « Do It Yourself ».  Il est également proposé aux habitants de mutualiser la production d’énergie (chaufferie collective, pré-chauffage ECS, panneaux solaires). L’achat et le fonctionnement groupé permettra un meilleur rendement et efficacité écologique.

En quoi consiste l’Habitat Participatif ?

Ce concept n’est pas nouveau, dans la région des programmes ont vu le jour dès les années 80 et continuent de faire le bonheur de leurs habitants. Mais un nouveau décret de 2015 issu de la loi ALUR améliore, facilite et sécurise grandement ce type de montage pour la construction de nouveaux logements, du simple achat groupé en autopromotion à la création d’une société coopérative d’habitant.

Un format alternatif de production du logement pour repousser les limites

L’habitat participatif permet de produire son logement hors des standards limitants de la production de masse. Vous pouvez personnaliser votre maison comme avec un architecte. Vous pouvez mutualiser vos moyens avec vos voisins pour produire du collectif comme les grands promoteurs. Vous pouvez faire ce collectif dans des territoires ruraux trop habitués à la facilité des lotissements individuels. Vous pouvez reconvertir du patrimoine ancien comme une vieille ferme, une ancienne brasserie ou un château en ruine en habitat authentique et pittoresque.

Responsabiliser l’habitant en le formant et en l’intégrant dans un groupe, et en le faisant participer.

L’émergence d’un programme d’habitat participatif s’accompagne d’un cursus de sensibilisation (formation) des habitants aux nombreuses problématiques induites par la construction d’immeubles. Ainsi avec ces nouvelles connaissances l’habitant pourra faire des choix écologiques en connaissance de cause. De plus, sous l’effet du groupe il sera plus enclin à faire des choix responsables et non individualistes.

Le groupe de futurs usagers participe au montage immobilier. Souvent il assure lui-même la maîtrise d’ouvrage. Le groupe participe également à la conception en lien avec l’architecte. Pour l’aider à s’organiser le groupe est aidé, par un assistant à la maîtrise d’ouvrage spécialisé en habitat participatif, sur les aspect juridiques et financiers d’opérations immobilières mais aussi sur la gestion psychologique et comportementale d’un groupe novice.

Le décret 2015-1725 du 21/09/2015 définie 2 types de société d’habitat participatif pour 2 tendances :  la « société d’attribution et d’autopromotion », un achat groupé simple, et la « société coopérative d’habitants » qui offre davantage de possibilité de mutualisation de moyens et de vie associative.

Protéger l’usager contre la spéculation immobilière, l’inflation du coût du logement, et l’urbanisme bon marché

L’habitat participatif contient des mesures anti-spéculatives comme des contraintes d’engagement dans le temps et plafonnement des prix à la revente.

L’habitat participatif n’est pas un label publicitaire pour vendre plus chère ou facilement, se débarrasser d’invendus ou de terrains pollués, ou
rendre présentable un programme plus large qui n’est en rien vertueux.

L’habitat participatif entend améliorer la qualité des logements en utilisant les leviers de la mutualisation des moyens et de la personnalisation. Alors que la tendance actuelle est de réduire les surfaces et/ou la qualité architecturale pour maintenir des prix stables malgré divers frais qui augmentent comme l’achat du terrain ou la performance thermique. L’habitat participatif peut faciliter le développement de l’habitat collectif qui permet de densifier les quartiers existants, en faisant de la couture urbaine et/ou en construisant plus haut. Dans la ville dense et compacte, la mutualisation des moyens est instinctivement plus forte : le maillage de services publics, de réseaux et de transport à produire est plus restreint, de même que les pollutions induites.  

Alexis 09/2019